Benjamin Séguélas, Céline Berecochea : « Un superbe trail du Val d’Aran avec un petit goût d’inachevé … »

Le Trail du Val d’Aran by UTMB constituait une étape importante de la préparation en vue de la Diagonale pour Céline et Benjamin. Il leur fallait marquer les points nécessaires pour finaliser l’obtention du dossard pour leur objectif de la saison et la réalisation de leur projet « Go, Fight, Win ».

Mais c’était sans compter sur la météo de ce début juillet qui a vu des orages violents frapper ces hautes altitudes pyrénéennes …

Au vu de l’évolution de la météo, les organisateurs ont finalement pris la décision de neutraliser la course. Vous étiez tous les deux concernés par ces orages qui se sont montrés particulièrement violents sur certaines parties du parcours ?

Céline : En ce qui me concerne, je n’ai quasiment pas eu de pluie. Lorsque je suis arrivée au ravitaillement, il s’est mis à tomber des trombes, mais j’étais à l’abri. Le temps que je me change et que je m’équipe pour courir la nuit, la bourrasque avait cessé.

Benji : Sur la descente sur Arties, j’ai eu au moins deux heures de pluie. Je voyais les éclairs au loin, mais ce n’était pas très inquiétant pour l’endroit où je me trouvais. Cette descente était longue, 4 heures. Elle était rendue glissante par l’humidité, surtout sur les portions bien raides.

Céline : Lorsque je suis arrivée à la base de vie à Arties, les organisateurs annonçaient que la course allait être neutralisée pour une quarantaine de minutes. Dans un second temps, les informations qui circulaient donnaient une neutralisation de deux heures et finalement, l’organisation a pris la décision d’arrêter les courses des 105 et du 160 kilomètres. Certains coureurs ont pu être un peu surpris de ce choix dans un premier temps, notamment ceux qui, comme moi par exemple, n’avaient pas été réellement sous l’orage et qui n’avaient eu à subir que de courtes averses. Mais petit à petit, des informations ont circulé concernant notamment la course du 160, avec des coureurs qui avaient eu très peur de la violence de l’orage avec la foudre qui tombait sur toutes les crêtes et ceux qui avaient eu à subir des averses de grêle, comme Nicolas (Craveiro). Au vu de ces éléments, tout le monde a bien compris que les organisateurs avaient pris la bonne décision.

Benji : Avant ces gros orages, les températures avaient été plutôt chaudes dès le matin. Peut-être que beaucoup de coureurs ont pu être gênés par ces températures … sauf Céline ! En ce qui me concerne, j’ai eu de la pluie sur le début de course, ce qui m’a obligé à mettre ma veste.

A quelle heure a été donné le départ de ce 105 km ?

Céline : Le départ était donné à 6 Heures du matin à Lees. Les coureurs étaient répartis en deux vagues de 600 coureurs, mais malgré cela, un bouchon s’est créé au deuxième kilomètre. J’ai été carrément arrêtée pendant 20 minutes. Nous passions d’une route sur laquelle nous courions à 4 de front à un single, c’était un peu surprenant… Cette belle course ne méritait pas un tel passage qui a perturbé beaucoup de coureurs.

A part ce souci, le Val d’Aran, c’est une organisation parfaite. Ce sont des paysages grandioses, avec beaucoup de parties roulantes, des segments un peu plus techniques, mais en fait, tu peux courir ou au moins trottiner pratiquement tout le temps.

Cette course constituait un gros objectif pour vous, sur le chemin qui va vous amener à la Diagonale …

: Le dénivelé total était de 6400 mètres. En étant arrêtés à Arties, nous en avons réalisé 5200. Il nous restait une dernière ascension de 1200 mètres avant de basculer sur Vielha où se situait l’arrivée. Il restait à peu près 8 kilomètres de montée et 6 kilomètres de descente pour boucler l’épreuve. Nous avons tout de même parcouru le plus gros de l’épreuve !

Sur ce 105 km, 47 coureurs sont arrivés au but avant que la course ne soit arrêtée, très peu, une dizaine je crois, ont été arrêtés entre Arties et Vielha, un nombre important ont, comme nous, été stoppés à Arties ou sur des ravitaillements avant cette base de vie.

L’organisation a finalement décidé que les coureurs arrivés à Arties étaient considérés comme finishers. Pour nous, il y avait un enjeu en ce qui concerne l’attribution de points pour nous permettre de finaliser notre inscription à la Diagonale. Cet objectif est donc atteint !

Vous avez tous les deux couru plus de 90 kilomètres avec un cumul de plus de 5000 mètres de dénivelé soit un parcours loin d’être facile, comment vous êtes-vous sentis sur ce trail ?

: J’ai pris un petit tir entre les 35 et 40ième kilomètres, sur la descente du col vers Montgarri. Je n’avais plus de jambes. Cela m’a inquiété, parce que je me suis dit que la suite de la course allait être très longue si je n’arrivais pas à me refaire la cerise ! J’ai mangé une fois arrivé au refuge et dans le faux plat qui ramène à Béret je n’étais toujours pas très bien. Arrivé à la base de vie de Béret en haut de la station de ski de Baqueira, j’ai pris le temps de bien reconstituer mes forces et là, c’est vraiment bien reparti.

Je ne sais pas dire exactement à quoi est dû ce coup de mou. J’ai plusieurs hypothèses : un souci d’alimentation avec un apport en énergie qui n’est pas suffisant ? Le rythme de course en compétition qui est supérieur à celui que j’adopte lors de mes entrainements ? Peut-être la conjonction des deux paramètres, parce que lors de mes sessions je ne rencontre pas ce type de problème. Jérôme (Mirassou) pense que mon alimentation en course ne me donne pas un apport énergétique qui correspond à mes besoins.

C : Ce n’était pas ma première expérience sur un 100 kilomètres. J’avais déjà couru le 110 des Templiers, donc je savais déjà un peu à quoi m’attendre. Tout s’est vraiment bien passé. A mon habitude, j’ai couru à mon petit rythme ; je n’ai rencontré aucun problème, je n’ai pas eu de coup de mou. Je n’ai pas trainé sur les ravitaillements et les bases de vie. Je n’ai pas eu de douleur qui m’ait handicapée. J’ai juste trouvé une partie un peu longue après Salardou, sur une dizaine de kilomètres. C’était un profil un peu particulier avec une montée qui m’a mise sur un faux rythme entre la marche et la course. Pour la course, cela devenait un peu difficile et en marchant, cela devenait un peu long et rébarbatif … C’était un peu difficile pour le mental, mais rien de bien grave.

Un peu comme cela se passe sur toutes les courses, je suis partie lentement, j’étais aux alentours de la 900ième place au premier pointage et je finis autour de la 300ième

B : Je suis moi aussi parti assez prudemment, je passe 250ième au premier pointage et je termine 140. J’ai perdu des places dans la descente pendant laquelle je ne me sentais pas bien, mais je les ai reprises ensuite. Sur la fin, j’étais vraiment bien, mais cela devient plus difficile de regagner des places parce que tu arrives au niveau de coureurs qui sont aguerris, qui ont bien géré leur course et qui ne finissent pas à l’agonie.

Comment vous sentiez vous après la course ?

: Même si j’ai très bien terminé ce trail du Val d’Aran, j’ai ressenti une fatigue générale avec quelques douleurs aux jambes pendant deux jours.

C : Pareil pour moi, j’étais loin de l’épuisement, mais le parcours n’était pas anodin non plus ! Et puis, je me suis un peu blessée à un orteil en tapant assez violemment sur un rocher. Mais ce n’était finalement pas très grave.

Et maintenant, quel va être votre programme ?

B : Le prochain objectif est le marathon de Canfranc, début septembre, qui, s’il va nous faire redescendre sur des distances plus courtes, n’en présenta pas moins un dénivelé conséquent de plus de 4000 mètres sur un parcours qui semble être assez technique d’après ce que nous avons vu. Et puis, nous allons le courir sans bâton. D’ailleurs à partir de maintenant, nous allons nous entrainer sans bâton pour nous habituer aux exigences de la Diagonale à ce niveau.

C : Après le Val d’Aran, nous avons coupé totalement pendant 15 jours. Nous n’allons reprendre que dimanche par une sortie en montagne, mais en mode rando. Puis nous allons prendre nos vélos pour réaliser la traversée du Massif Central. Cela va nous permettre d’accumuler du dénivelé sans trop nous traumatiser … tout en découvrant de beaux paysages ! Ensuite ce sera la reprise avec un peu de course à pied et un retour progressif à la montagne.

Le Marathon de Canfranc, sera intégré dans un gros bloc montagne. Jérôme nous a demandé de prendre notre lundi, cela veut dire qu’il va nous concocter un joli programme sur ce week-end-là, avec des sorties le dimanche et le lundi sur la fatigue de la course.

Pour en savoir plus sur les courses dont parlent Céline et Benji :

Le Trail du Val d’Aran : https://valdaran.utmb.world/fr

Le Marathon de Canfranc : https://canfranccanfranc.com/

La Diagonale des Fous : https://www.grandraid-reunion.com/francais/les-4-courses/la-diagonale-des-fous/